Chez EAM, notre mission première est d’accompagner TOUS les acteurs de la mobilité des apprentis. Le sujet est vaste et notre site l’est tout autant. Vous n’avez pas trouvé LA réponse à votre question ? Nous résumons ici toutes les questions les plus courantes et vous apportons des réponses claires. Bonne lecture !
Deux situations sont possibles :
Soit l’apprenti fait l’objet d’une mise à disposition par son employeur français auprès de l’entreprise ou l’organisation d’accueil à l’étranger: son contrat d’apprentissage continue de s’appliquer.
Soit le contrat d’apprentissage fait l’objet d’une mise en veille : le contrat est suspendu pendant toute la durée de la mobilité internationale.
1 – Si l’employeur souhaite rester partie prenante de la mobilité de son apprenti, il optera pour une mise à disposition auprès d’une entreprise ou de tout autre organisation d’accueil à l’étranger (option 1).
Dans ce cas, le contrat d’apprentissage français continue de s’appliquer : l’apprenti est maintenu dans un cadre de droit français. Une convention de mise à disposition doit être conclue entre l’entreprise française et l’entreprise ou l’organisme d’accueil à l’étranger.
Dans ce cadre :
Dans ce premier cas de figure le lien de subordination juridique reste en France. Le lien hiérarchique professionnel est bien, lui, dans le pays d’accueil.
2 -Si l’employeur ne souhaite pas être partie prenante de la mobilité, il optera pour une mise en veille du contrat d’apprentissage.
Dans ce cadre, deux possibilités sont envisageables:
2.1 – Si le CFA entend se substituer à l’employeur pendant la durée de la mobilité (option 2a) :
Dans ce cas de figure, le lien de subordination juridique reste aussi en France.
2.2 -Si le CFA, ne se substitue pas à l’employeur français (option 2b) :
Pendant la durée de la mise en veille :
Dans ce cas de figure le lien de subordination juridique n’est plus en France.
Attention :
NON, la directive sur les travailleurs détachés n’est pas applicable aux apprentis en mobilité.
En pratique, la mise à disposition d’apprenti emporte les avantages de la directive (lien de subordination, rémunération et protection sociale maintenus dans le pays d’origine) laissant de côté les inconvénients de celle-ci (prise en charge par l’employeur prêteur des frais de transport, d’hébergement et de restauration et alignement de la rémunération sur le minimum légal en vigueur dans le pays d’accueil).
Attention : certains cantons suisses font une stricte application de la directive sur les travailleurs détachés aux apprentis mis à disposition d’un utilisateur sur leur territoire.
La réponse dépend du statut de l’apprenti au moment où surviennent les faits.
Si l’apprenti effectue sa mobilité dans le cadre d’une mise en veille avec basculement dans le statut de salarié dans le pays d’accueil (option 2b), il bénéficie de régime de protection sociale du pays d’accueil et doit accomplir les démarches telles qu’elles sont prévues dans le pays d’accueil, en lien avec son employeur à l’étranger.
Il est utile et particulièrement conseillé d’informer rapidement son CFA et son employeur en France d’une telle situation.
ATTENTION : ne jamais partir sans un montage administratif vérifié par le référent mobilité du CFA.
OUI, si l’entreprise opte pour la mise à disposition de son apprenti (option 1) elle est responsable. Même si l’apprenti est accueilli par une structure étrangère, l’employeur français reste responsable du contrat. Elle partage cependant la responsabilité avec la structure d’accueil sur les conditions d’exécution du contrat car celle-ci doit assurer l’accompagnement idoine et la sécurité de l’apprenti .
NON, si l’entreprise opte pour la mise en veille du contrat d’apprentissage pendant la mobilité (options 2a et 2b). La responsabilité est alors, selon les cas:
L’impact de la mobilité internationale des jeunes en apprentissage sur le planning de formation est maîtrisable, à condition d’anticiper et de raisonner le parcours en logique de compétences plutôt qu’en simple juxtaposition de séquences calendaires.
La mobilité introduit une modification temporaire dans le rythme de l’alternance classique (CFA / entreprise), qui peut prendre plusieurs formes. L’apprenti peut être accueilli à l’étranger:
Ce n’est pas la durée de la mobilité qui pose problème, mais le fait qu’elle soit pensée trop tard, comme une exception, et non comme une composante du parcours.
Le véritable enjeu est de passer d’un planning “horaire” à un planning “par compétences”
Dans une logique classique, le planning repose sur des volumes horaires, des séquences figées et une synchronisation stricte entre les groupes.
La mobilité oblige à changer de paradigme :
Des effets positifs sur l’ingénierie pédagogique du CFA
La mobilité agit souvent comme un révélateur des marges de manœuvre du système :
À moyen terme, les CFA engagés dans la mobilité gagnent en souplesse organisationnelle, renforcent la professionnalisation des équipes pédagogiques, sécurisent leurs pratiques au regard des exigences qualité (Qualiopi).
L’impact reste variable selon la façon dont la mobilité est organisée
Modalité de mobilité | Impact sur le planning |
Mobilité courte intégrée | Faible, facilement absorbable |
Mobilité longue continue | Impact fort mais lisible |
Mobilité fractionnée | Impact diffus, nécessite coordination |
Mobilité non anticipée | Impact désorganisant |
Les pratiques probantes :
Financements pour les apprentis
Plusieurs modalités de financement sont disponibles pour financer votre mobilité en tant qu’apprenti :
Financements pour l’organisation et la structuration des mobilités
Plusieurs aides spécifiquement destinées aux CFA existent pour assurer la gestion des mobilités :
🔎 Point de vigilance :
Même si le forfait obligatoire ne peut être fléché vers l’apprenti, il peut libérer de la trésorerie pour que le CFA cofinance ensuite la mobilité sur ses fonds propres, à condition de règles d’attribution transparentes et équitables.
📌 Références :
Le référent mobilité d’un CFA est un expert formé pour répondre aux défis de la mise en place de la mobilité des apprentis et aux interrogations des employeurs :
Chargé au sein du CFA :
Le poste de référent mobilité : Fiche de poste type
Parcours de professionnalisation adapté aux besoins des référents mobilité : https://euroappmobility.eu/accompagner/moblt/
OUI.
Un jeune en dispositif passerelle, sans contrat d’apprentissage en cours, relève du statut de stagiaire de la formation professionnelle. A ce titre, il peut partir en mobilité. Il faut qu’il soit inscrit dans l’effectif du CFA au moment du départ et du retour.
Il n’y a pas de financement OPCO possible car le jeune ne signe pas de convention de mobilité (mise à disposition ou mise en veille)
➡️ Une convention de stage ou le kit Erasmus+ dans le cas d’une mobilité financée par Erasmus+ doit être signée par :
La couverture sociale (accident du travail, trajet) est assurée par l’organisme de formation, y compris à l’étranger. Une responsabilité civile vie privé / vie professionnel doit être souscrite.
Deux statuts sont possibles :
Oui.
Un apprenti jeune diplômé (jusqu’à 12 mois après obtention du diplôme) peut prétendre à un départ en mobilité financé dans le cadre d’Erasmus+. Le jeune diplômé doit s’inscrire comme demandeur d’emploi à France Travail pour obtenir le statut de stagiaire de la formation professionnelle.
Deux modalités sont ensuite possibles :
Pays où l’apprentissage est très développé et structuré
Allemagne, Autriche et Danemark constituent le noyau dur du modèle « dual » : l’apprentissage y est une voie majeure, culturellement ancrée, avec un cadre juridique solide et une implication forte des partenaires sociaux. En Autriche, 35,8% des élèves de 15 ans y sont engagés ; en Allemagne, on comptait 1,33 million d’apprentis en 2018.
Les Pays-Bas présentent un cas particulier : l’apprentissage existe et représente 20 à 25% des élèves en EFP, mais depuis 1996, il ne constitue plus une voie distincte — il permet d’accéder aux mêmes certifications que la voie scolaire.
Pays où l’apprentissage existe mais reste minoritaire
Portugal, Italie, Pologne, Estonie ont un statut d’apprenti formellement reconnu, mais les effectifs restent limités. En Estonie, les apprentis ne représentaient que 5% des apprenants en EFP en 2022-23. En Pologne, moins de 14% des étudiants en EFP. Ces pays cherchent activement à développer cette voie.
Un cas atypique : l’Irlande
L’Irlande n’a pas de filière professionnelle dans l’enseignement secondaire. L’apprentissage existe, mais dans le système post-secondaire (Further Education and Training), ouvert aux jeunes et adultes. L’âge moyen d’entrée y atteint 27 à 30 ans selon les programmes.
En principe, non.
La législation belge interdit la mise à disposition de travailleurs dans une optique de protection du marché du travail. Toute mise à disposition se voit immédiatement requalifiée en contrat de droit belge.
Mais, la loi belge prévoit des dérogations strictes qui permettent la mise à disposition des apprentis :
Oui, c’est tout à fait pertinent, même si la mobilité internationale des apprentis n’est pas un indicateur RSE « standard » ou « normé » en tant que tel dans les référentiels existants. Voici pourquoi cela se défend très bien :
Comment alors le valoriser concrètement en RSE ?
Vous pouvez intégrer la mobilité européenne des apprentis dans votre reporting RSE comme indicateur volontaire au titre du volet social, en le rattachant à plusieurs axes :
Depuis 2024, les critères ESG structurent le reporting extra-financier via les normes ESRS de la directive CSRD, mais seuls les indicateurs résultant de l’analyse de la matérialité demeurent indispensables. Cela signifie que pour les entreprises soumises à la CSRD, l’indicateur serait pertinent s’il ressort de votre analyse de double matérialité. Pour les entreprises non soumises, c’est un indicateur volontaire très valorisant.
Le cadre juridique sécurisé
Le dispositif est régi par la loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel, complétée par la loi du 27 décembre 2023 pour un « Erasmus de l’apprentissage ». Ce cadre législatif solide renforce la légitimité de cet engagement RSE.
En résumé, bien que ce ne soit pas un indicateur « clé en main » des référentiels standards, la mobilité européenne des apprentis est un indicateur RSE parfaitement légitime et valorisable, qui traduit un engagement social concret de l’employeur. C’est même un élément différenciant qui peut renforcer votre image de marque employeur responsable.